Goldman

Je viens de réécouter, grâce à la dérive musicale qu’offre youtube, « là-bas » de JJ Goldman et j’ai eu beaucoup de plaisir à le faire. J’ai donc écouter d’autres chansons de lui que je connaissais. cela devait faire 20 ans que je ne les avait pas écoutées.

Là-bas

Cette nouvelle écoute de là-bas, m’a permis de découvrir le drame de cette chanson : le meurtre de Sirima par son compagnon (pas JJ). 

Peut-on imaginer ce que JJ a ressenti lorsqu’il a appris la nouvelle?

Avec trente ans de distance je vois un compositeur qui écrit une chanson pour mettre en avant les choix des personnes qui émigrent d’un pays, vraissemblablement en référence à son propre père qui a fui les barrières de l’antisémitisme polonais pour venir en France (« Libre continent sans grillage »). Ces paroles me font penser peut être que le père de JJ voulait aller aux states. Il rsetera finalement en France et vivra héroïquement la tragédie qui viendra…

Pour souligner les durs choix des gens qui partent, il va choisir Sirima comme partenaire de chant. Parce qu’elle a une belle voix, mais aussi parce que sa vie est marquée aussi par la migration. Vit sa double immigration (Srilanka–> Angleterre–>France) en chantant dans le métro parisien. Lorsque Sirima rencontre JJ, alors le vers « Tout ce que tu mérites est à toi » commence a prendre forme pour Sirima. Il lui donne le moyen, enfin, d’avoir ce qu’elle mérite.

J’aurai ma chance le jour et mes droits
Et la fierté qu’ici je n’ai pas
Tout ce que tu mérites est à toi
Ici les autres imposent leurs lois
Je te perdrai peut-être là-bas
Mais je me perds si je reste là
La vie ne m’a pas laissé le choix
Toi et moi ce sera là bas ou pas
Tout est neuf et tout est sauvage
Libre continent sans grillage
Ici nos rêves sont étroits
C’est pour ça que j’irai là-bas
On ne m’a pas laissé le choix
Je me perds si je reste là
C’est pour ça que j’irai là-bas

Alors que le succès (le moyen de vivre de son art) arrive ce même succès va causer sa perte. C’est enfin effet ce succès qui fera craindre à son compagnon qu’elle ne le quitte.

Presque une tragédie grecque.

Mes extraits préférés:

Labas

« Et l’on y peut rien changer
Tout dépend de ta naissance
Et moi je ne suis pas bien né »

« Tout ce que tu mérites est à toi »

C’est ta chance

« Toi, t’es pas très catholique
Et t’as une drôle de peau
Chez toi, les fées soi-disant magiques
Ont loupé ton berceau
Oh, tu seras jamais notaire
Pas de privilège hérité
Et si t’as pas les papiers pour être fonctionnaire
Tout seul, apprends à fonctionner »

« C’est ta chance, ta force, ta dissonance
Faudra remplacer tous les « pas de chance » par de l’intelligence
C’est ta chance, pas le choix
C’est ta chance, ta source, ta dissidence
Toujours prouver deux fois plus que les autres assoupis d’evidence
Ta puissance naîtra là »

Puisque tu parts

« À rêver nos désirs et vivre des « Ainsi-soit-il » »

Il changeait la vie

Envole moi

C’est toute cette chanson qui me parle alors que je soulignerais simplement les passage qui m’envolent le plus.

Minuit se lève en haut des tours
Les voix se taisent et tout devient aveugle et sourd
La nuit camoufle pour quelques heures
La zone sale et les épaves et la laideur
J’ai pas choisi de naître ici
Entre l’ignorance et la violence et l’ennui
J’m’en sortirai, j’me le promets
Et s’il le faut, j’emploierai des moyens légaux
Envole-moi, envole-moi, envole-moi
Loin de cette fatalité qui colle à ma peau
Envole-moi, envole-moi
Remplis ma tête d’autres horizons, d’autres mots
Envole-moi
Pas de question ni rébellion
Règles du jeu fixées mais les dés sont pipés
L’hiver est glace, l’été est feu
Ici, y’a jamais de saison pour être mieux
J’ai pas choisi de vivre ici
Entre la soumission, la peur ou l’abandon
J’m’en sortirai, je te le jure
A coup de livres, je franchirai tous ces murs
Envole-moi, envole-moi, envole-moi
Loin de cette fatalité qui colle à ma peau
Envole-moi, envole-moi
Remplis ma tête d’autres horizons, d’autres mots
Envole-moi
Envole-moi, envole-moi, envole-moi
Loin de cette fatalité qui colle à ma peau
Envole-moi, envole-moi
Remplis ma tête d’autres horizons, d’autres mots
Envole-moi
Me laisse pas là, emmène-moi, envole-moi
Croiser d’autres yeux qui ne se résignent pas
Envole-moi, tire-moi de là
Montre-moi ces autres vies que je ne sais pas
Envole-moi
Envole-moi, envole-moi, envole-moi
Regarde moi bien, je ne leur ressemble pas
Me laisse pas là, envole-moi
Avec ou sans toi, je n’finirai pas comme ça
Envole-moi, envole-moi, envole-moi